Robert Indiana

BIOGRAPHIE

Robert Indiana

"Il y a eu de nombreux peintres américains de signes, mais il n'y a jamais eu de peintres de signes américains."

Cet exercice d'emphase résume la position de Robert Indiana dans le monde de l'art contemporain. Il a pris les symboles quotidiens de bord de route en Amérique et en fit un pop art géométrique et brillamment coloré. Dans son travail, il est un commentateur ironique mais respectueux de la scène américaine. Tant son graphisme que ses peintures ont été des marqueurs de la vie culturelle et, durant les rebelles années 1960, souligné les affirmations politiques.

Robert Indiana est considéré comme l’un des artistes les plus marquants du mouvement Pop Art et plus largement de l’Art Contemporain.

Né Robert Clark en 1928 à New Castle dans l’Indiana, il a eu une enfance bohême rythmée par les nombreux déménagements au coeur du Midwest. Une enfance qui le familiarise non seulement avec le voyage et la route mais aussi avec l’Amérique et la symbolique qui s’y rattache. Les panneaux routiers ont beaucoup d'impact sur lui, et il est aussi marqué par l'enseigne de Pillips 66 Gas pour laquelle travaille son père.

En 1953, Robert Clark sort diplômé de l’Art Institute de Chicago et remporte une bourse de voyage pour l’Europe, déjà le signe d’un talent indéniable.

Ainsi, Robert Clark devient Robert Indiana en hommage à l’Etat de l’Indiana, lequel constitue une grande partie de son enfance et ses heureux souvenirs. C’est en tant que Robert Indiana que l’artiste s’émancipe devenant très vite une des figures incontournables du mouvement Pop Art au même titre que ses pairs, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Roy Lichtenstein ou Andy Warhol…

Le Pop Art est pour lui un moyen d’exprimer sa fascination pour la culture américaine dans laquelle il a baigné tout au long de ses « road trip » avec ses parents. La signalisation routière a tout particulièrement influencé son OEuvre singulière et reconnaissable parmi tant.

La géométrie parfaite des chiffres et des mots - thèmes de prédilection chez l’artiste - le dynamisme des tracés ainsi que la vivacité des couleurs caractérisent bien son OEuvre pop et pétillante. Très sensible à l’environnement qui l’entoure depuis son plus jeune âge, Robert Indiana s’imprègne de la ville et extériorise cette inspiration par son art, « The American Dream », « The Bridge » en hommage au Brooklyn Bridge mais aussi et surtout à Vinalhaven, ville située sur Fox Island dans le Maine où il s’est établit depuis 1969. Le « Love » qu’il décline en différentes couleurs, tailles et mediums, et depuis quelques années, le « Hope » sont autant de façons pour lui de déclarer son amour à la ville et plus largement à ce qui l’environne.

C’est à partir de 1966 que Robert Indiana exprime son attachement à l’urbain plaçant Philadelphie comme point de départ. Sa première monumentale sculpture est située dans le Love Park. Plus tard il la multipliera et étendra son concept du « love » à Manhattan sur la 6th avenue devant la célèbre maison de vente Phillips de Pury mais aussi par delà les frontières. Il le décline par la suite en différentes langues, espagnol, italien, hébreux, chinois et élu domicile à Madrid, Montréal, Singapour ou Shanghai…

Peintre à ses débuts, il élabore son « Love » par la sérigraphie dans un premier temps, procédé qui lui permet d’obtenir un tracé précis et de jouer avec la superposition des couleurs.

C’est à la suite de sa collaboration avec le Museum of Modern Art de New York pour la création de cartes de Noël, siglées de son fameux «Love», qu’il s’essaie à la sculpture, non sans succès car ses sculptures deviennent le symbole de son OEuvre. Exposées au coeur des plus grandes villes, imposantes par leurs tailles et leurs matériaux, les sculptures de Robert Indiana incarnent le Pop Art dans la conscience collective et son « Love » se veut communicatif, comme pour apaiser les mots d’une société parfois malheureuse.

Il est sans conteste l’artiste de Pop Art le moins critique envers la société, loin d’employer le ton cynique d’usage chez les pop artistes et dont Warhol fût la figure de proue, Indiana se veut plus « humaniste » multipliant les messages d’amour et de paix partout dans le monde. Plus tard c’est un autre message teinté de la même consonance, celle d’un monde positif, qu’il affiche inlassablement : « Hope ».

En pleine campagne présidentielle de 2008, Indiana puise dans le discours d’un homme qu’il admire et dont les points communs ne manquent pas, notamment un lien particulier tissé avec Chicago : Barack Obama. L’artiste contribue d’ailleurs à financer la campagne du futur président grâce aux fonds récoltés par les dérivés de ses sculptures « Hope ». Il ne s’agit plus d’amour mais le message est tout aussi fort, celui de l’espoir en l’humanité possible par l’Art et la Politique.

Lier l’Art à la Politique est somme toute un pari délicat, parfois peu glorieux pour certains, mais Indiana le réussit avec brio, dans la continuité de son OEuvre faisant fi des clivages sociaux et géographiques pour incarner le pop art ou l’art populaire dans toute sa splendeur.